L’histoire derrière le storytelling
Créer une micro-marque, de l’idée à sa refonte
Épisode 2 : Du lancement raté au lancement réussi
Bonjour les passionnés ! Si vous avez manqué le premier épisode (lien ici), je suis Édouard, fondateur et designer de Manime Watches. Dans cette série en quatre épisodes, je vous partage l’envers du décor de la création de ma marque, bien au-delà des moments parfaits qu’on a l’habitude de voir.
De l’idée de départ au lancement, je vais vous dévoiler les défis (et les réussites !) que j’ai rencontrés en chemin. Beaucoup de micro-marques traversent des difficultés similaires, et je veux vous offrir un aperçu rare de ce parcours. Créer une marque prend du temps, et les erreurs sont inévitables à chaque étape.
Dans l’épisode précédent, j’ai parlé des obstacles que j’ai rencontrés au moment de la création de la marque. Vous pourriez penser qu’après avoir franchi ces étapes difficiles, les choses seraient devenues plus simples… mais ce n’est pas ce qui s’est passé.
Dans cet épisode, je vais vous raconter ce qui s’est passé une fois que j’ai enfin reçu les prototypes.

Le Roi Excel
Quand j’ai lancé MANIME, mon parcours professionnel m’a naturellement poussé à ouvrir un tableur Excel et à rédiger un business plan. J’y ai listé tous les coûts — production, stockage, publicité — et projeté les cinq années à venir, mois par mois. J’ai calculé les dépenses et les revenus, planifié la croissance et même identifié le moment où je pourrais embaucher du personnel et quitter mon emploi.
J’ai mis tant d’efforts dans ce plan… Mais aujourd’hui, quatre ans plus tard, je ne peux m’empêcher d’en rire — car 80 % ne se sont pas passés comme prévu ! Les coûts ont été deux fois plus élevés, et les revenus bien en dessous des attentes. Pourtant, ce travail n’a pas été vain : il m’a permis de poser une vision claire du projet.
Alors, si vous envisagez de lancer votre propre marque, je vous recommande vivement d’en faire autant. Mais surtout, doublez toutes vos estimations de coûts — vous aurez des surprises, comme ce fut mon cas avec mon tout premier photographe.
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Le Photographe de Burgers
Je ne me plains pas quand je dis que créer une marque est une succession de hauts et de bas, c’est simplement la réalité. C’est un parcours semé d’embûches. Les bons jours, on se sent invincible ; les mauvais, on doit se battre.
L’un de ces jours compliqués est arrivé juste avant le lancement de LA F. N’ayant aucune expérience en photographie, j’ai cherché un professionnel pour réaliser les photos de mes montres. À l’époque, je pensais naïvement qu’un photographe pouvait tout faire. J’ai donc fait appel à quelqu’un via mon réseau… sans réaliser qu’il était spécialisé dans la photographie culinaire.
J’ai vite compris, à mes dépens, que photographier un burger n’a rien à voir avec une montre. Avec leurs reflets et leurs angles complexes, les montres font partie des produits les plus difficiles à capturer. Plus tard, j’ai rencontré David (@which_watch_next), un photographe travaillant pour de grandes marques horlogères. Il m’a expliqué qu’il pouvait passer des heures à ajuster lumières et réflecteurs pour obtenir un cliché parfait.
Mon photographe de burgers, lui, n’avait pas cette rigueur. Le résultat était catastrophique. Il avait même effacé certaines parties de la montre lors des retouches ! Le boîtier était couvert d’empreintes, le logo à l’envers, et malgré ma demande de régler les aiguilles sur 10h10 (comme le font toutes les grandes marques), il les avait mises à 1h50.
J’ai perdu de l’argent sur cette erreur, mais j’en ai tiré une leçon essentielle : pour des photos produit, mieux vaut opter pour des rendus 3D ou faire appel à un photographe spécialisé en horlogerie.

Le lancement raté et le réussi
Comme mentionné précédemment, au cours des quatre dernières années, j’ai créé deux modèles : le premier, LA F., et le second, LA FIDÈLE. Certaines étapes ont été les mêmes pour les deux lancements, d’autres non—et je pense que c’est ce qui a fait toute la différence.
La première grande différence entre ces deux lancements a été le choix de la plateforme. Lorsque j’ai présenté mon premier modèle en 2022, j’ai longuement hésité entre le lancer sur mon propre site web ou utiliser Kickstarter. J’ai passé beaucoup de temps à peser le pour et le contre. En lançant sur mon site, je pouvais mettre en avant les valeurs de la marque sans être associé à d’autres projets—d’autant plus que de nombreux passionnés de montres se méfient de Kickstarter en raison d’arnaques passées. De plus, les frais de la plateforme auraient pu être réinvestis directement dans l’entreprise. J’ai donc fini par choisir un lancement sur mon propre site.
Avec le recul, je mesure aujourd’hui les avantages d’une plateforme comme Kickstarter. Elle génère du trafic et offre une visibilité précieuse, ce qui est essentiel pour une jeune marque. Beaucoup de clients se sentent plus en confiance en commandant un produit pour la première fois via une plateforme reconnue plutôt que sur un site inconnu. Le succès du second modèle est en grande partie dû à l’exposition qu’a offerte Kickstarter. Encore aujourd’hui, les clients potentiels peuvent consulter la page de la campagne, constater son succès et être rassurés en voyant que j’ai tenu mes engagements.

La deuxième grande différence a été la publicité. Pour le premier lancement, j’ai essayé de gérer les publicités sur Facebook moi-même. J’ai passé des heures à regarder des tutoriels et à apprendre les bases, mais au final, il y a une raison pour laquelle c’est un métier à part entière. J’ai fini par dépenser plus en publicités que ce que je gagnais par vente, et j’en ai tiré une grande leçon ! Pour le deuxième lancement, j’ai fait appel à une agence, et leur expertise a fait toute la différence, rendant les campagnes beaucoup plus efficaces et rentables.
Une stratégie qui est restée la même pour les deux lancements a été de me connecter avec les passionnés. Il existe des communautés très actives sur des forums et des groupes Facebook, composées de collectionneurs passionnés et méticuleux qui peuvent parler de montres pendant des heures. Dès les premières étapes du processus de conception, j’ai échangé avec ces groupes, et leurs retours m’ont aidé à orienter mes choix dans la bonne direction.
Autre point commun entre les deux lancements : contacter des YouTubers horlogers et des magazines pour des revues. Il existe tout un écosystème de critiques qui examinent chaque détail avec minutie. Certains ont adoré, tandis que d’autres ont apporté des critiques constructives. Ces revues permettent non seulement de faire connaître la marque, mais aussi de valider le projet au sein de la communauté. C’est également un excellent moyen d’interagir directement avec les gens dans les commentaires.
Astuce : Planifiez les critiques au moins quatre mois à l’avance car les plannings des YouTubers se remplissent rapidement. J’ai d’ailleurs une liste de reviewers que je recommande, n’hésitez pas à m’envoyer un message si vous souhaitez la recevoir.

Conclusion
Je suis vraiment content que nous ayons passé ces deux premiers épisodes à partager mon histoire, et j’espère que cela vous a permis de mieux comprendre mon parcours, ma passion pour ce projet, et mon désir profond de créer une marque qui vous parle. Comme je l’ai mentionné dans le premier épisode, nous travaillons sur le rebranding, et dans le cadre de ce projet, vous allez pouvoir participer au processus de décision.
Dans le prochain épisode, je vous présenterai mes idées pour le rebranding, et vous aurez l’opportunité de choisir notre nouveau slogan !
D'ici là, prenez soin de vous, et n’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions ! Merci.
Édouard.